Journée d’étude : Naissance et diffusion du roman anglophone en France

BNF

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Cette journée d’étude vise à croiser les professionnels de la littérature anglophone et des bibliothèques, qui disposent de fonds importants ou spécifiques dans ce domaine. Elle permettra de valoriser les collections patrimoniales de la BnF et d’appréhender le paysage national autour du patrimoine culturel et littéraire anglophone. Un public varié, composé d’étudiants, de bibliothécaires, de chercheurs, de documentalistes et d’amateurs sera convié autour d’interventions d’experts, de démonstrations (Gallica, CCFr) et de questionnements sur la naissance et la diffusion du roman anglophone en France, ainsi que sur le signalement, l’histoire et la numérisation de certains fonds.

La littérature américaine est surtout connue pour ses récits d’exploration et de colonisation, ses traités, ses sermons teintés de théologie et pour l’exaltation de ses vertus républicaines au XVIIIe siècle. Or si l’on revient sur les premières formes de romans américains, on y découvre des récits autour de la nouvelle nation des États-Unis dans un contexte de développement d’une industrie du livre encore hésitante. Tandis qu’en Angleterre, Daniel Defoe inaugure le roman à portée morale avec Robinson Crusoë (1719) et Moll Flanders (1722), l’américain Charles Brockden Brown offre, quelques années plus tard, une nouvelle liberté au roman gothique américain avec Wieland ; or, The Transformation : An American Tale (1798), explorant l’ambiguïté du réel. Du début du XVIIIe siècle jusqu’à la période victorienne, le roman anglophone va connaître de multiples évolutions : narrations s’apparentant aux récits d’exploration, écriture didactique, témoignages sur l’expérience de l’esclavage, aventures rocambolesques ou frissons gothiques… De nombreux pionniers de ce genre nouveau restent encore obscurs. Il s’agira de les découvrir ou de les relire à l’éclairage des regards contemporains.

Parallèlement à ces évocations d’un genre littéraire qui a connu de profondes mutations au cours des siècles, cette journée d’étude permettra de découvrir des fonds en littérature anglophone dont les provenances et les histoires sont très diverses, permettant de comprendre les modalités de diffusion du roman anglophone en France. L’exemple de la Bibliothèque de Saint Omer, qui conserve des fonds en littérature anglaise du IXè au XIXè siècle, issus d’un collège de Jésuites anglais et qui a également bénéficié d’un don de livres contemporains (XIXè-XXè siècle) par le Comité Canadien pour la reconstruction dans les années 1940, permettra d’aborder un volet de l’histoire de ces fonds anglophones en France. Cette cession sera complétée par une présentation dynamique de fonds et d’éditions anglophones anciennes, recensés et signalés dans le Catalogue Collectif de France, un portail qui permet de localiser sur tout le territoire des collections parfois uniques.

Dans un second temps, l’après-midi proposera de découvrir l’histoire et l’actualité de bibliothèques américaines, irlandaises et anglophones à Paris et en région. Fondée en 1920, l’American Library in Paris témoigne de la volonté des États-Unis d’envoyer des livres aux soldats américains à la fin de la Première Guerre mondiale et de fournir aux lecteurs en France le meilleur de la littérature et de la culture américaine. Aujourd’hui, la Bibliothèque Américaine de Paris est la plus grande bibliothèque de prêt d’ouvrages en langue anglaise en Europe, avec un programme culturel très dense.

Fortement liée à l’histoire de l’American Library in Paris, la Bibliothèque anglophone d’Angers touche un public varié d’étudiants et d’universitaires mais aussi d’enfants et d’adultes et a développé un fonds documentaire en langue anglaise disponible sur tout le département de Maine-et-Loire avec de nombreuses actualités culturelles.

Enfin, la bibliothèque patrimoniale du Centre Culturel irlandais de Paris date de 1775, avec la fondation d’un Collège des irlandais. Regroupant des ouvrages en théologie, philosophie, géographie et histoire allant du XVè au XIXè siècle, elle offre une bibliothèque numérique en ligne permettant d’admirer des manuscrits enluminés, l’Histoire des rois d’Angleterre (1500) et des trésors patrimoniaux. Quant à la médiathèque, elle propose plus de 8000 documents en anglais et de nombreuses activités, notamment des résidences d’auteurs ou d’artistes irlandais.

À l’issue de cette cession, des trésors en littérature anglophone numérisés seront présentés afin de découvrir des ouvrages précieux conservés à la Réserve des livres rares de la Bibliothèque nationale de France. 

Programme

Matinée animée par Marie-Françoise Cachin, Professeur émérite à l’université Paris VII-Denis Diderot, spécialiste de littérature britannique (époque victorienne), et de traduction littéraire.

  • Isabelle Bour, professeur d’études anglaises du XVIIIe siècle à la Sorbonne Nouvelle.

«& Quel roman est né en Angleterre au début du XVIIIe siècle& ?& »

  • Nathalie Collé, Maître de conférence, Université de Lorraine.

« Le roman anglophone entre l’Angleterre et la France au XVIIIe siècle : place et rôle de l’illustration dans la diffusion et la réception de quelques œuvres de Defoe, Fielding, Smollett et Sterne »

  • Michael Roy, Maître de conférence, Paris Nanterre.

«& L’esclavage aux États-Unis, sous toutes ses faces, avec toutes ses douleurs& »& : le roman antiesclavagiste américain en France dans les années 1850

  • Jean-Didier Wagneur, BnF

«& Le rire anglo-saxon fin de siècle& »

Après-midi& animée par Isabelle Le Pape, chargée de collection en littérature anglophone, modératrice

1 Histoire et signalement de fonds anglophones en France

  • Remy Cordonnier : responsable des fonds anciens de la bibliothèque d’agglomération du Pays de Saint-Omer, en fonction depuis novembre 2011. Docteur en histoire de l’art, chercheur associé de l’Institut de recherches histories du septentrion (Université de Lille), et de l’institut d’études médiévales de L’université nouvelle de Lisbonne.

«& Des jésuites à l’UNESCO : le pourquoi du fonds anglais de la BAPSO.& »

Résumé : La redécouverte, il y a une dizaine d’années, de liens prestigieux entre Saint-Omer et le monde anglo-américain, a entrainé toute les acteurs culturels de l’agglomération à explorer et à exploiter cette veine patrimoniale. La bibliothèque n’était pas en reste et c’est ainsi que furent « redécouvert » les fonds d’origine anglaise de la BAPSO, et que furent révélés leurs trésors.

  • Alexandre Faye (BnF/DSR/DCP/CCF)& : signalement et présentation d’une sélection de fonds sur le CCFr

2 Diffusion d’ouvrages américains et irlandais en France

  • Jeffrey Hawkins, director of the American Library in Paris
  • Phoebe Marshall-Raimbeau, Director, English-language Library in Angers, Bibliothèque Anglophone.

« Le Fabuleux Destin de la Bibliothèque Anglophone d’Angers : 25 ans de développement d’une petite bibliothèque qui aime se présenter comme « The little library with a big attitude ».

  • Carole Jacquet, Responsable des ressources documentaires, Centre Culturel Irlandais.

«& Les collections du Centre Culturel Irlandais& »

  • Stéphane Lecouteux, Bibliothèque d’Avranches.

3 Trésors de littérature anglophone

  • Jean-Marc Châtelain, directeur de la Réserve des livres rares, BnF, présentation de trésors en littérature anglaise et américaine numérisés& Suivi d’une table-ronde&

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