Séminaire LICAE : Thibaut BROUILLET (LICAE - Nanterre) Vers une approche  nactive de la conscience d’un soi corpo-rel ind pendant de l’environnement : l’hypothèse du couplage moto-proprioceptive

Paris Etudiant

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Dans cette présentation, je partirai des travaux que nous avons réalisés sur la per-ception spatiale (Lestage et al, 2018 ; Brouillet et al., en révision) et plus précisément sur l’attribution distale, pour vous présenter les travaux que nous avons conduit ces dernières années sur la conscience du soi corporel (Touzard et al., 2021 ; Vanborren et al., 2021). Comme le présente Lestage (2018) dans sa thèse, les sensa-tions sont par définition de nature proximale, là où la perception de l’espace est toujours de nature distale. Dès lors, se pose la question du passage de l’un à l’autre : par quels processus nous attribuons à nos sensations proximales une extériori-té ? Pour entrevoir des éléments de réponse à cette query, nous sommes con-traints de répondre à une autre query : comment sommes-nous capables de différencier entre les sensations proximales celles liées à nos actions sur l’environne-ment, de celles liées aux actions de l’environnement sur nous-même ? 
Pour répondre à ces interrogations, je m’inscris dans la cadre du paradigme de l’énaction (Varela et al., 1983). Selon ce dernier, nos connaissances sur le monde et sur nous-même résultent des différents couplages qui se construisent entre nos actions et leurs conséquences sensorielles. Ainsi, percevoir un objet dans l’espace consiste à accéder à des lois de contingence (couplage) entre nos actions et leurs conséquences sensorielles. A l’instar de Gapenne (2014), je défends l’idée que notre capacité à distinguer entre nos sensations proximales celles qui sont dues à nos propres actions sur le monde de celles liées aux actions de l’environnement sur nous-même, repose sur le couplage de nos actions avec nos sensations proprioceptives. En spécifiant la source des sensations proximales, ce couplage permet de donner du sens aux sensations proximales (i.e., constitution du sentiment d’agentivité) tout en fondant la distinction entre l’organisme et son environnement (i.e., structure du sentiment d’appropriation). C’est ainsi que nous pouvons avancer que ce couplage mo-to-proprioceptif fonde la conscience d’un soi corporel indépendant de l’environnement. Nous illustrerons cette hypothèse du couplage moto-proprioceptif par nos derniers travaux sur des versions revisitées de l’illusion de la principal en caout-chouc (Botvinick & Cohen, 1998). En guise de discussion, je présenterai l’hypothèse que je formule sur le lien entre couplage moto-proprioceptif et attribution distale. 
Mots clefs : conscience de soi, énaction, proprioception, rubber hand illusion

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