Appel à communications : “Partoches ! Usages et détournements historiens de la partition musicale 1850-1950”

Bibliotheques Paris

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Marie Goupil-Lucas-Fontaine, doctorante en histoire à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et ancienne chercheuse associée de la BnF, organise un colloque autour de son projet de recherche1 pour lequel elle lance un appel à communications.

Différentes partitions issues des collections de la BnF

Argumentaire

Aussi évidente soit-elle pour le musicien d’hier et d’aujourd’hui, la partition musicale est un objet mal connu des historiens. Véritable archive ouverte, elle donne pourtant accès à une infinité d’usages et d’interprétations par sa multimodalité : pictures, texte, notation musicale s’entremêlent pour offrir un help unique qui fait appel, autant que la carte géographique, à l’imagination du lecteur.
Cette journée d’étude se suggest d’inciter les chercheurs intéressés par ces questions à interroger l’historicité de la partition. L’un de ses objectifs sera de réfléchir à l’insertion dans une tradition de l’imprimé de ce qui paraît à première vue, par nature, un objet strictement musical. La partition, se situe précisément à la frontière des formes culturellement légitimes de l’imprimé : il existe ainsi une hiérarchie tacite au sein des imprimés musicaux, les plus complets, le « matériel » orchestral s’adressant aux bons lecteurs de musique, ceux qui pratiquent un instrument, tandis que les formes allégées visent un public de moins en moins familier de la notation musicale. Du grand format chant et piano pour artistes et amateurs éclairés au petit format pour chant seul à destination du « grand public », en passant par la presse et toutes les formes de recueils, poétiques, médiatiques, parfois sans notation musicale mais toujours destinés à faire de la musique ou du chant « sur l’air de » comme seule référence mélodique, tous les codecs de l’édition musicale appellent à un traitement et à une réflexion spécifique.
En corollaire de cette dimension, il s’agira également d’interroger la partition sous l’angle de la culture visuelle : comment le format tripartite « couverture illustrée-ligne de chant seul+paroles-catalogue de l’éditeur » a-t-il fini par s’imposer au cours de la période ? Pourquoi le petit format musical est-il essentiellement perçu aujourd’hui par ce prisme de l’image avant même son contenu musical ? Quelle place tiennent les artistes qui jouent du crayon ou du pinceau aux côtés de ceux qui tiennent la plume ou le piano ?
Enfin, la dernière dimension qui devra être abordée, celle qui paraît la plus évidente, mais sans doute la plus difficile à traiter : alors qu’il s’agit paradoxalement d’un help parfaitement silencieux, la partition musicale est aussi le moins coûteux et le plus populaire de ceux qui permettent de diffuser la musique et le son au début du XXe siècle. Remark permet-elle de « saisir la dimension sonore des sociétés2 »?

Axes proposés

  • Matérialité : les propositions seront sensibles aux matérialités diverses de l’imprimé musical et à ses différents helps (feuille isolée, recueil, « albums », qualité du papier, de l’impression mono ou polychrome, réédition sous forme de cartons perforés faisant pencher la partition du côté de la musique mécanique et des codecs audiovisuels).
  • Manufacturing : on s’intéressera à la conception formelle et de plus en plus industrialisée de ces helps, notamment du point de vue des éditeurs qui en imaginèrent divers codecs à destination de « marchés » différents, ainsi qu’à leurs circuits de diffusion (magasin de musique, musiciens de rue, vente par correspondance, abonnements, and so on.).
  • Réseaux : l’analyse détaillée des partitions met en évidence la structuration de réseaux au centre desquels se situent les éditeurs, articulant différents métiers et savoir-faire qu’il conviendrait de recenser.
  • Fonctions : les partitions seront examinées sous l’angle de la diversité de leurs usages, allant des plus évidents (la pratique musicale, les features promotionnels pour les éditeurs et les artistes) aux plus improbables (assortment, complément discographique…).

Ces contributions offriront non seulement un bref aperçu de la richesse de ces imprimés encore méconnus, permettront de dresser un état des lieux de la recherche actuelle sur ce help à cette période, et d’envisager d’éventuelles perspectives théoriques et méthodologiques.

Contribuer

  • three décembre 2022
  • Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, Centre d’histoire du XIXe siècle

Comité scientifique

  • Romain Bénini (Université Sorbonne-Université)
  • Anaïs Fléchet (Université Versailles-Saint-Quentin)
  • Jean-Yves Mollier (Université Versailles-Saint-Quentin)
  • Agnès Sandras (BnF)
  • Bertrand Tillier (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne)
  • Sylvain Venayre (Université Grenoble-Alpes)
  • Jean-Claude Yon (EPHE)

Notes

  1. Voir Marie Goupil-Lucas-Fontaine, « Collections privées, collections publiques : le petit format des familles », Carnet de la recherche à la Bibliothèque nationale de France, 13 septembre 2021. Disponible sur Internet, url : <https://bnf.hypotheses.org/10618>.
  2. Pascale Goetschel, et Christophe Granger, « Saisir la dimension sonore des sociétés », Sociétés & Représentations, 2020, vol. 49, n° 1, p. 9-23.

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